La Journée Régionale de l’Excellence, organisée par l’Association Qualité et Management de Basse-Normandie, a eu lieu le 22 novembre 2012 à l’amphi Pierre Daure de l’Université de Caen. Dans ce cadre, le matin de 10h à 12h, une table ronde animée par Vincent Civita a traité de « l’accompagnement du personnel » en entreprise, dans le cadre du thème de cette journée : la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise.
En effet, pour Vincent Civita, la performance durable des entreprises est en lien étroit avec l’accompagnement professionnel du personnel. L’évolution sociétale, bardée de risques psychosociaux, amène les entreprises à inventer d’autres solutions d’accompagnement. Le coaching en entreprise, la prévention des risques psychosociaux comme le sport en entreprise, sont autant de pistes envisageables dont il a été question autour de cette table.
Les intervenants de cette table ronde nous ont décrit des bonnes pratiques mises en œuvre en entreprise :
• Vincent CIVITA – AQM• Julien MAINGAULT – OPCALIA
• Bruno PERENNOU – NXP Semiconductors
• Emilie PERRIN – Eho Conseil
• Philippe NANTERMOZ – Legallais
• Martial FESSELIER – Exaequo
Vincent Civita nous explique que l’accompagnement du personnel de l’entreprise est essentiel aujourd’hui afin qu’il puisse mieux vivre son travail. Pourquoi ? Le travail est en pleine mutation notamment à cause de la crise. Cette crise qui est profonde, qui sert parfois d’excuse mais qui est bien réelle, transforme nos relations dans le travail. L’entreprise recherche l’accroissement de la valeur ajoutée pour une plus grande compétitivité mais provoque une complexité grandissante des taches. La forte concurrence qui est devenue systématiquement mondiale oblige les entreprises à de nouveaux gains de productivité et à la suppression des temps morts. Le travail devient de plus en plus individuel. La clientèle devient de plus en plus exigeante. En dernier lieu, les entreprises se réorganisent en changeant d’organisation, en achetant et revendant des unités, en fermant des sites. Ces réorganisations perturbent et déséquilibrent les salaries, puis se traduisent par une perte de références et de valeurs. La fameuse « culture d’entreprise » est bien mise à mal !
Dans ce contexte, le « mal-être au travail » devient une réalité. Il se traduit par le stress, les incivilités, l’agressivité, le burn-out (ou l’épuisement professionnel), allant jusqu’au harcèlement.Dès lors, l’entreprise va aussi souffrir des conséquences de ce mal-être :
• sur l'organisation
– Fonctionnement : baisse de productivité, succession d'erreur sur les tâches....
– Ressources Humaines : crescendo du taux d'absentéisme, turn-over...
• sur les employés
– Santé : arrêt maladie,
– Sécurité : accident du travail, erreur professionnelle.
• Les difficultés dans le travail
– Les difficultés à faire face,
– Les difficultés à trouver des marges de manœuvre,
– Le travail perçu.
L’entreprise va devoir détecter les symptômes au niveau de l’employé, comme les différents types de mal-être exprimés, la perception en interne des causes de ce mal-être et les comportements négatifs (absences répétés, crises, changement de rendement). Mais également, la détection devra se faire au niveau de l'ensemble des employés et de l'organisation interne comme le relationnel entre les employés (tensions, pressions, conflits voir agressivité), la motivation globale des employés, ainsi que la présence des critiques incessants.
Il y a des solutions pour éviter ces situations. Le retour du paternalisme (industriel) offre la sécurité matérielle et spirituelle aux employés, et correspond à une demande d’une partie des salariés, mais n’est ni un modèle économique d’actualité ni un modèle éthique de notre temps. La pression sur l’emploi s’est inversée depuis 4 décennies. Néanmoins, habitant Colombelles, Vincent Civita nous assure que les regrets du paternalisme de la SMN sont présents dans tous les esprits, bientôt 20 ans après la fermeture de l’entreprise.
Plus concrètement, les intervenants de la table ronde nous ont donné des exemples concrets des actions préventives permettant de conserver le bien-être des salaries.
La formation est le moyen le plus évident et le plus simple pour accompagner son personnel. Julien Maingault de l’OPCALIA, un organisme associatif paritaire collecteur agréé par l'État collectant les contributions financières d’entreprises, a expliqué comment cet organisme peut aider les entreprise dans le cadre du financement de la formation professionnelle continue des salariés. OPCALIA possède un catalogue de formation, accompagne le salarié dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation), d’un CIF (Congé Individuel de Formation), ainsi que les entreprises dans le cadre d’un GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et Carrières).
L’entreprise NXP Semiconductors a mis en place un coaching professionnel de salariés en interne en formant les coachs. Bruno Perennou, en charge de cette équipe de coachs, nous a expliqué les objectifs et les avantages du coaching.
Emilie Perrin, psychologue du travail, nous a décrit les méthodes préventives évitant les risques psycho-sociaux. Les risques psychosociologiques s’analysent puis s’évitent notamment, grâce à une adaptation de l’organisation du travail. Il s’agit de la meilleure action préventive.
L’entreprise Legallais a mis en place un temps sportif, après la journée de travail mais financé par cette société. L’objectif est que les salaries se retrouvent ensemble dans un contexte non professionnel dans une ambiance conviviale. Philippe Nantermoz, directeur du développement de Legallais, accompagné par Martial Fesselier, le coach sportif (Exaequo), nous a décrit cette bonne pratique.
Cette table ronde a été l’occasion de s’informer sur les pratiques managériales locales lors de cette Journée Régionale de l’Excellence organisée par l’AQM, avec le concours du Conseil Régional.